Grossesse,  Maternité,  Mon expérience

Mon expérience #1 L’accouchement

C’est sans hésitation le jours le plus attendu, le plus idéalisé, le plus appréhendé de ces neufs mois de grossesse, bien sure, je veux parler du jour de l’accouchement. C’est donc pour ces raisons, et aussi car c’est encore frais dans ma tête, que j’ai choisi d’y consacrer mon premier article, inclut dans une rubrique destinée à vous partager mes expériences personnelles concernant la maternité. Ce ne sera donc surement pas mon article le plus court, mais peut-être un des plus émouvant, des plus drôle et qui je l’espère restera un souvenir qu’il me plaira de venir relire plus tard…

Bébé ours était prévu pour le 9 décembre 2018, et je ne sais pour quelle raison, tous les pronostique familiaux (que l’on à toutes connu n’est-ce pas?) le prévoyaient pour fin novembre sans raison particulière, si ce n’est peut-être l’impatience de découvrir, pour certains, un premier petit enfant, filleul, ou neveux. Malgré cela, et malgré tous les maux de fin de grossesses qui s’accumulaient j’espérais depuis le début de ma grossesse que bébé arrive le 7 décembre, jour ou je me suis mise en couple avec son papa six ans plus tôt. Instinct maternel ou simple coincidence, toujours est-il que je n’étais pas loin de la vérité.

Vendredi 7 décembre, au réveil, je commence à sentir quelques douleurs, que je n’identifie pas de suite comme des contractions. Honnêtement à 9 mois de grossesse entre les maux de dos, les courbatures, la lourdeur devant, derrière, sur les côtés, en haut, en bas, difficile de comprendre vraiment ce qu’il se passe dans son propre corps, alors un peu blasée d’attendre depuis déjà pas mal de temps que bébé ours se pointe, je n’y prête pas vraiment attention. Mais au bout de plusieurs heures de douleurs je finis tout de même par avoir la puce à l’oreille et me dire Dit donc c’est pas ça des contractions? Je ne croyais pas si bien dire, puisqu’elles ont continué à se rapprocher toute la matinée jusqu’à arriver à cinq minutes d’interval environ, je les comptabilise avec une petite application sur mon téléphone. Pendant ce temps branle-bas de combat du côté de papa ours qui ne sait pas vraiment quoi faire: je vais bosser ou pas? C’est un faux-travail? C’est pour maintenant? Si non j’y vais et tu m’appelle? Bon dans le doute j’appelle mon responsable. Ah ouais quand même toutes les 3 minutes faudrait peut-être qu’on s’affole…. Autant dire qu’après déjà plusieurs heures de contractions très rapprochées j’aurai déjà du me pointer aux urgences depuis un moment, mais je ne sais pas pourquoi, une petite voix intérieure me disait tu morfles pas encore assez ma cocotte. Finalement, vers 14h les contractions s’espacent et voila que nous refaisons notre vie en se disant, au summum de la déception, qu’il allait falloir appeler la maternité pour prendre le rendez-vous de la consultation du terme.

Un achat de sapin de Noël et une décoration totale de la maison plus tard, nous voici 22h environ, malgré quelques contractions dans l’après midi, rien ne semblait alarmant. Mais voila qu’elles reviennent bien plus douloureuses que le matin même. Posée dans le fauteuil devant la télévision, papa ours dans la chambre, je comprend que c’est surement pour ce soir. Alors je prend mon mal en patience et je laisse passer chacune des contractions, toujours munie de mon téléphone pour les comptabiliser. Ce sont tes dernières heures de répit ma grande, mieux vaux ne pas se précipiter. Je finis par retrouver papa ours dans la chambre, je pense qu’il doit comprendre à ma tête que ça ne va pas. Vers environ 1h30 du matin je finis par lui dire qu’il faut partir, je cite: avant que je ne crève ici. Heureusement, la valise était déjà dans la voiture depuis une bonne semaine, c’est dire si bébé était attendu, alors une douche pour monsieur plus tard nous partons, pour arriver aux urgences maternité à 2h30 environ.

Même si cela va sembler ironique, mon accouchement se divise en trois temps importants que l’on pourrait assimiler à ceci: équipe de nuit, équipe de jour, équipe de nuit. Vous l’aurez compris, tout cela n’était que le début.

Je suis d’abord accueillie par une étudiante sage-femme qui fait une sacrée tête quand je lui dit qu’en fait, mon terme c’est demain (et bien oui, nous étions déjà le 8). Je suis alors examinée et découvre que je suis dilatée à 2,5. Deux séances de monitoring plus tard, la sage femme revient me voir et me sort que je dois aller marcher pendant deux heures. Je feins de lui demander si je l’ai bien entendu, mais trop fatiguée pour parler, me voila à faire des allers-retour dans le seul couloir du bâtiment qui m’était accessible, et oui, se sont les joies d’arriver dans la nuit, toutes les portes sont fermées, et dehors il fait -15°C. Entre temps, papa ours m’abandonne pour retourner chercher des affaires à la maison. C’est la que mon Ipod et la 4G de mon téléphone deviennent mes meilleurs aliés, et je prend une fois de plus mon mal en patiente, en me frottant le dos pour essayer de calmer la douleur. Quand monsieur revient avec des vêtements propres , à manger et à boire, je m’enfile la boite de biscuits, Si je suis ouverte à 4 centimètres la péridurale devrait être faite dans peu de temps, alors autant manger tout ce que j’ai sous la main…héhé grosse blague. Après deux heures de marche, à 5h30 le sage femme m’examine, et je suis toujours dilatée à 2,5. Je vous laisse imaginer ma tête. Malgré cela, il décide pour je ne sais quelle raison, de me garder car, selon lui, le travail et en train de se faire. Je suis transférée en salle de pré-travail.

L’étudiante sage-femme me pose alors un catheter pour m’injecter des anti douleurs, qui, j’ignore pourquoi, me mettent dans un état de somnolence extrême, je n’ai plus aucune notion du temps et passe mon temps à m’endormir, sentir la contraction arriver, me réveiller, crier, me rendormir. De tout mon accouchement, j’avoues que cette période en salle de pré-travail est la plus désagréable. Nous sommes tous les deux épuisés, les téléphones commencent à sonner mais nous avions tous les deux décidé au préalable de ne prévenir personne pour éviter d’être bombardé de messages jusqu’à l’arrivée de bébé. Papa Ours, assis sur un fauteuil plus qu’inconfortable tente de m’aider en me frottant le dos, mais les anti-douleurs ne semble pas fonctionner plus que cela. Il n’est plus vraiment la nuit, mais plus vraiment le matin non plus, j’ai l’impression que le temps s’est totalement arrêté.


Mais miracle, l’équipe de jour entre en piste ! Une nouvelle sage-femme vient m’examiner dans la matinée, Mais mademoiselle, vous êtes ouverte à 4! Vous souhaitez la péridurale? Un peu mon neveux! Je me force à ne pas la prendre dans mes bras, pourtant ce n’est pas l’envie qui m’en manque. Avec Papa ours nous nous préparons alors à passer en salle de naissance, et voila que madame me propose de prendre une douche, je manque de la demander en mariage. Il est finalement 12h30 quand l’anesthésiste entre en salle naissance. Je n’ai jamais été effrayée par les piqûres, alors pour moi la péridurale n’était vraiment pas quelque chose que j’appréhendais, par contre, j’avais entendu beaucoup de mal des anesthésistes, (débordés, pas très bavards, pas très patients non plus) c’est donc à mon grand étonnement que je tombe sur un homme adorable qui me met en confiance et prend le temps de discuter avec moi, ce que j’ai vraiment apprécié. Tout se fait donc très facilement et je finis par ne plus sentir les contractions. Je penses alors que le reste de l’attente va être plus paisible mais c’est sans compter sur bébé ours.

Toutes les 2h, le sage-femme et l’étudiante sage-femme de l’équipe de jour passent pour m’examiner, prendre ma tension, consulter le monito, toujours très à l’écoute. Mais bébé se fait désirer. De 13h à 18h, plus rien ne se passe, mon col ne bouge plus, et je reste dilatée à 6. Je vois bien que plus le temps passe plus le personnel médical s’inquiète, et nous aussi par la même occasion. A 18h, le sage-femme reviens me voir et me fait gentiment comprendre que si dans une demi heure cela n’a pas évolué il va falloir commencer à s’inquiéter, une façon très diplomate de me dire qu’il allait falloir envisager la césarienne. Mais 30 minutes plus tard, après avoir été bourrée d’ocytocine, me voila dilatée a 8. Seulement, il y a un hic, pendant ce temps, je ressens une très grosse douleurs au niveau de ma hanche gauche, une douleurs qui n’est pas censée pas être là, puisque la péridurale doit faire effet. Mais voila, sans que nous le sachions, bébé a probablement coincé son épaule ou autre chose dans un coin, et même avec deux bonus, rien n’y fait, si ce n’est que je commence a ne plus du tout sentir le bas de mon corps. Je tente de me mettre sur le côté gauche pour que le produit se diffuse bien dans les deux jambes, mais rien n’y fait, ce n’est que plusieurs heures plus tard, quand bébé se décale que la douleurs cesse.

A 20h je comprend que l’équipe de jours que j’aime tant ne sera pas celle qui mettra mon bébé au monde. Un peu déçue j’accueille alors l’équipe de nuit qui cette fois-ci est exclusivement féminine. J’avoues qu’une fois dilatée à 8, pour moi le travail était fait et je pensais naïvement commencer la poussée une demi heure plus tard, c’est le personnel médical qui me refroidit dans mon élan en me disant que cela peut encore durer plusieurs heures. Ce n’est finalement qu’à 22h30 que l’équipe s’est mise en place pour faire sortir bébé. Avant cela, réinjection de péridurale, car forcément au bout de 7 ou 8h de travail tout était vide, malgré cela des douleurs similaires à celles de l’après midi reviennent et j’ai l’impression d’avoir déjà envie de pousser, alors que les sages femmes font tout pour me freiner un peu en me disant que le bébé n’est pas encore assez bas et qu’il vaux mieux attendre le maximum de temps pour éviter d’être épuisée lors de la poussée. Finalement, parce qu’il était temps, ou peut-être parce qu’elles sont désespérées, à 22h30 elles s’installent, et le marathon commence. Je pousse pendant 30 minutes, avec difficulté de temps en temps, mais bébé n’arrive pas. L’auxiliaire de puériculture sort de la salle pour consulter un médecin. Sachant que la poussée dure en moyenne entre 20 et 30 minutes, j’étais prête à la voir revenir avec forceps, ventouse ou je ne sais quoi d’autre, mais c’est avec son plus grand sourire qu’elle revient: On peux encore pousser 15 minutes! Je pense que si j’avais eu l’usage de mes jambes je serait partie en courant: accouchez sans moi les gars je crois qu’on m’appelle. A ce moment là je pense que bébé n’arrivera jamais. Devant mon désespoir, la sage femme me propose de toucher la tête, comme pour me prouver que bébé était bien là, et boum, à ce moment précis, c’est repartit comme sur des roulettes. Papa ours, un peu paniqué passe son temps entre chaque poussée à me demander si je vais bien bien, jusqu’à se faire envoyer bouler, oui messieurs ce n’est pas une question à poser à une femme en train d’accoucher, contentez-vous de nous tenir la tête et de nous asperger d’eau. Je finis par entendre un petit cris. Mais il s’avère que bébé n’est pas seulement un ours mais aussi un petit singe puisqu’il avait réussi à nouer 3 fois le cordon atour de son cou. Rien de grave, la sage femme s’empresse de le couper, dommage pour papa ours, un peu déçu sur le moment mais soulagé tout de même de voir qu’il va bien. Après 45 longues minutes, bébé ours était dans mes bras.

Je pense que n’importe quel maman se souvient de ce moment ou le temps s’arrête, ou l’on ne voit plus rien d’autre que cette petite chose, en se demandant si c’est vraiment nous qui l’avons faite. C’est quand même un peu de la magie quand on y pense. Les heures et les jours qui s’en suivirent ne furent évidemment que pure bonheur, mention spéciale pour la puéricultrice qui a su me parler à mon arrivée en chambre . Est-ce que vous vous voulez que je vous prépare un plateau repas?

Et vous, quels sont vos plus beaux moment de bonheur, de rire, de stress et d’émotion de vôtre accouchement?

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